MÉTÉO

Introduction

 

    Tous les poissons (ou presque ) sont sensibles aux modifications de température de l'air et de l'eau, à la luminosité, au positionnement des vents présents et à venir, aux précipitations.

    On peut affirmer sans trop se tromper que le baromètre est aussi important pour le pêcheur que l'annuaire des marées ou même sa canne et son moulinet.

Indiquant les grandes tendances du temps, sa partie visible (aiguille) laisse présager avec beaucoup d' exactitude la météo pour les jours à venir.

Les millibars approchés ou dépassés par cette aiguille peuvent ainsi déterminer les techniques qui pourront être utilisées à brève échéance. Une remontée progressive annonce une période prolongée de beau temps, donne une idée des changements marqués au niveau des orientations des vents dominants et prévoit la mise en place d'un système anticyclonique.

Concrètement, cela signifie: quelques jours et quelques nuits de calme. Au printemps et en été, cette période peut alors être mise à profit pour pêcher aux leurres (même en journée), à la calée ou au plomb posé et au lancer-ramener avec ces leurres soupirs.

    En automne et en hiver. ces conditions météo permettent de pratiquer le surf de nuit sur les plages et en estuaire, le lancer et la pêche au " bouchon " avec des vifs.

 

Avant et après une dépression, on sort les gros leurres.

 

    Une descente progressive annonce l'arrivée imminente d'un front froid, d'un système dépressionnaire et la venue d'une période de mauvais temps qui peut parfois durer, celle-ci étant généralement entrecoupée d'une succession de coups de vent, avec ou sans pluie. Pêche au surf pratiquée avant et après les coups de vent, bulles et bombette aux volumes " sérieux " associées à des leurres souples de grande taille (10 cm minimum) par vent soutenu et par mer formée sont alors les techniques appropriées.

Lors des périodes de pré et post-dépressions, c'est aussi le moment de sortir de leurs boîtes tous les gros leurres (Sticks baits, Pencils Baits, Poppers " poppeurs ", Swimming Poppers et surtout poissons à hélice "gros temps" ) sans oublier les grosses cuillers lourdes ondulantes ou à dandiner.

    Les descentes et les remontées brutales du baromètre donnent enfin des périodes de temps instable (ou beau) qui ne durent guère que quelques jours. Là encore, les techniques sont toujours plus fructueuses avant et après les descentes ou les remontées et pendant les moments où le baromètre s'amuse à faire le " Yo-yo "!

    Comme vous le savez, le thermomètre a pour tâche de donner la température de l'air. Mais beaucoup ignore que la température de l'air et la température de l'eau ne diffèrent que de quelques degrés.

Dans la plupart des cas, une eau en dessous de 15/16° garde les bars au fond, alors qu'au-dessus, elle les rend toujours plus actifs dans peu d'eau, voire même directement sous la surface.

    Pour le pêcheur, le seuil des 15° Celsius est donc une indication des techniques utilisables.

    Avec moins de 15°, surtout pour les fonds supérieurs à 3 ou 4 m, ce sont toutes les techniques de lancer (leurres à bavette, cuillers ondulantes ou à dandiner) et de lancer-ramener (bombettes, petits leurres tramés), qui sont à privilégier à mi-eau ou à fond.

Toujours en dessous de ce seuil de température, le flotteur coulissant lourd peut être un must quand on souhaite proposer un appât volumineux ou un gros vif à roder.

    Passé 15°, et pour tous les fonds depuis le bord jusqu'au petit large, ce sont toutes les techniques de lancer (leurres de surface, à bavette, lests flottants du type bulle et bombettes flottantes) qui s'offrent aux pêcheurs.

À noter que sur des fonds inférieurs à 3 à 4 m, il sera possible de sortir sa canne à mouche.

 

           Autre accessoire utile: le pluviomètre

 

    Récipient à pluie, le pluviomètre peut avoir sa place dans les accessoires du pêcheur.

De fréquents relevés mettent en évidence que l'apport de pluie favorise la présence de limon dans les rivières et, par dévalaison, fait partir les bars des estuaires et de certaines plages à proximité immédiate.

Sachant cela, on aura ainsi plus de chances de trouver du bar pendant les périodes pluvieuses (et les crues) et depuis les cailloux que sur les estrans sableux, aux débouchés des arrivées importantes d'eaux saumâtres.

     Autre instrument du météorologue, l'anémomètre. Il peut fournir, lui aussi, de bonnes indications pour la pêche. En effet, plus les vents sont forts et plus les bars vont chercher leurs proies dans l'eau profonde (plages creuses et zones rocheuses).

 

L'influence du vent varie selon les secteurs

 

     Nombre de mythes sentant l'apéro du " Café du Port " sont trop vite assimilés comme vérités premières.

Parmi la pléthore d'allégations purement fantaisistes, quelques-unes trouvent leur origine dans les particularismes de la météo. Il en va ainsi du fameux vent d'Est.

Sa réputation est telle que, aux dires de certains, il s'apparente à une véritable fermeture Éclair naturelle qui soude la gueule des poissons!

En fait, suivant les régions, un " bon " positionnement du vent sur un secteur donné (même s'il est assez restreint) peut être une catastrophe pour la pêche à quelques dizaines de kilomètres plus loin.

La Bretagne, avec ses côtes Nord et Sud, est l'exemple type de ce genre de situation: un vent d'Est sera excellent à Quimper, nettement moins bon vers Brest et carrément négatif du côté de Morlaix...

Et cette situation se retrouve dans beaucoup de secteurs du littoral français! Aussi, plutôt que de se lamenter, mieux vaut parfois prendre sa voiture pour chercher une zone dont la configuration est plus propice aux orientations des vents dominants, selon la période de l'année où l'on projette de pêcher !

 La seule véritable influence du vent d'Est est de générer des conditions de mer qui créent des zones d'abris, des territoires de chasse, des postes d'attente pour les proies et leurs prédateurs.

Or, lorsque soufflent les vents de sud ou d'ouest, les meilleurs postes ne se trouvent plus au même endroit. Autant dire que si un vent d'Est vous chatouille le dos, tous les postes sont théoriquement bons, ce n'est pas toujours le cas les jours de Suroît ou de Noroît.

 

Un vent d'Est souvent plus favorable

 

    Globalement, tous les vents d'Est et de nord sont appelés " vents secs " et ceux de sud et d'ouest, " vents mouillés ".

Les positionnements de ces vents n'ont cependant pas les mêmes incidences en été qu'en hiver. En effet, été comme hiver, il est préférable d'avoir des vents secs, les vents mouillés étant plus favorables au printemps et en automne.

    Au printemps, les pluies modérées arrivant du sud et de l'ouest sont annonciatrices d'un temps doux et garantissent bien sûr un apport constant d'eau dans les estuaires.

Ces deux éléments sont propices à la venue des bars à la côte dès la fin d'avril.

    En été, un temps sec, favorisé par des vents d'est et de nord-est, donne de bonnes conditions de mer et un grand beau temps.

La présence constante de loups à la côte et au petit large est donc, en principe, garantie.

    Le retour des pluies dès le début de l'automne s'accompagne le plus souvent de vents modérés ou plus soutenus de suroît, d'où la présence d'une mer plus remuante qui ramène les bars vers ses terrains de chasse favoris (roches du bord et au petit large, grandes plages et estuaires très larges, très profonds et longs).

    La persistance du temps sec en hiver, due le plus souvent à un vent constant de noroît, fait redescendre la température de l'eau, rendant possible la reproduction des bars.

    Pour qu'une année de pêche soit bonne, il faut donc que tout au long de ces 12 mois, la météo corresponde le plus possible aux relevés météorologiques moyens des années précédentes (même quantité de pluie, de chaleur, de vent, etc.) et que le temps reste de " saison ".

    Pour des résultats réguliers en pêche, les proies et les prédateurs devront se retrouver en nombre sur un même secteur.

Le calendrier de dame Nature est généralement bien fait, sauf lorsque la météo ne colle pas avec une ou plusieurs périodes de l'année. Les juvéniles ainsi que certains adultes servant de proies ne supportent pas les eaux trop froides ou trop chaudes; d'autres espèces n'apprécient guère celles trop agitées ou trop calmes, selon qu'il s'agisse de poissons d'été ou d'hiver, de poissons dits "ronds " ou naturellement plats.

 

Quand le poisson déserte les côtes

 

    Quelques degrés centigrade en dessous(ou au-dessus) des températures normales, trop de temps calme ou de périodes agitées sont autant de paramètres susceptibles d'entraîner l'exode de tous les agrégats d'une même espèce (voire de plusieurs espèces), quand bien même ils se trouvent sur une zone géographique étendue.

L'absence prolongée de proies sur un secteur provoque alors une forme de "désertification " qui peut-être momentanée (dans le meilleur des cas), relativement longue ou carrément annuelle.

En fait, tout dépend si les bars trouvent leur "garde-manger " bien plus loin sur le littoral ou carrément plus au large de leur zone de gagnage habituelle.

Comme vous pouvez le constater bien des éléments naturels sont susceptibles et même capables de modifier, voire d'altérer plus ou moins temporairement une période de pêche.

 À vrai dire, on n'y peut pas grand-chose. Mais ne pas en tenir compte serait une grossière erreur que vous pourriez regretter lors de vos prochaines parties de pêche !

        Les notes ci-dessus sont extraites :

  • Pêche en mer n°177
  • Par JEAN-LOUIS GUILLOU
  • Éditions LARIVIERE
 

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